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Les cisterciens dans le canton de Rignac (Aveyron)

Belcastel, Ruffepeyre, Anglars et Saint- Félix

Comment les moines cisterciens de Bonnecombe ont forgé un territoire.

Eglise Saint Clair d’Anglars Photo CeR

Le 11 Avril 2019 dans le cadre des rencontres citoyennes de Rignac a eu lieu une soirée  animée par Nicolas Revel, Albert Bibal et Thierry Adhumeau.

Situé à mi distance entre Rodez et Villefranche et sur la draye qu’empruntaient les troupeaux pour aller du Quercy en Aubrac, le lieu était stratégique. L’installation des moines de Bonnecombe dans le canton de Rignac date du premier tiers du XIIIème siècle.

Albert Bibal (voir bibliographie) nous a fait découvrir l’église Saint Clair d’Anglars donnée par l’évêque de Rodez à l’abbé de Bonnecombe en 1225. Son clocher est une tour refuge et elle abrite un bénitier du XVII ème siècle, classé Monuments Historiques, qui proviendrait de l’abbaye de Bonnecombe.

Thierry Adhumeau nous a brossé l’histoire tourmentée de la riche Grange de Saint-Félix convoitée tour à tour par les anglais, les routiers, les seigneurs alentours. De solides défenses furent construites pour assurer sa protection qui au fil du temps devenues inutiles disparurent.

Nicolas  Revel qui a évoqué Ruffepeyre (voir bibliographie) et Belcastel, a mené la rencontre ; de nombreuses questions ont été posées aux conférenciers et un appel a été lancé pour conserver la mémoire orale et le petit patrimoine du canton.

 

Bibliographie : à commander sur le site : unionsauvegardedurouergue.com

Sauvegarde du Rouergue, l’église Saint Clair d’Anglars, numéro 83.

Sauvegarde du Rouergue, Ruffepeyre, numéro 91.

De gauche à droite :Thierry Adhumeau, Albert Bibal, Nicolas Revel. Photo CeR

 

 

 

 

 

Les granges de Loc Dieu le 30 Mars 2019

Devant la tour du » Château « de Fontaynous, grange de l’abbaye de Loc Dieu. Photo L Barthe.

C’est dans la commune de Martiel où sont  situées Loc Dieu et une de ses quatre granges : Fontaynous, que les participants à la première journée de Cisterciens en Rouergue consacrée à Loc Dieu, avaient rendez-vous le samedi 30 Mars 2019.

Nous avons été chaleureusement accueillis  par le maire Monsieur Guy Marty ainsi que par Monsieur Francis Poulet, président très actif de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Culturel et Naturel de Martiel, qui nous a servi de guide dans la découverte d’une partie du riche patrimoine de Martiel.

Pour aller de Marroule à Fontaynous nous avons suivi un très beau chemin longeant le lac de Bannac et nous avons pu visiter un des moulins de Fontaynous très bien restauré.

La tour en ruine de Fontaynous nous a fait comprendre l’importance de cette grange devenue résidence des abbés commendataires après le partage des biens de l’abbaye entre les religieux et les abbés en 1683.

Après le repas partagé à La Bergerie à Marroule nous nous sommes regroupés à la mairie de Martiel dans la salle du Conseil Municipal aimablement mise à notre disposition pour les communications. Catherine Cazelles a fait un inventaire et historique des granges de Loc Dieu. Jacques Miquel s’est concentré sur la grange de Marinesque (commune de Naussac) dont il a pu réaliser une étude approfondie.

Nous sommes sortis de notre cadre cistercien avec la visite de l’église et du village de Martiel au milieu duquel trône une imposante tour refuge.

Nous serions  bien restés un peu plus pour feuilleter les superbes catalogues de photos anciennes et de cartes postales patiemment collectées par l’association présidée par Francis Poulet, mais il fallait quitter nos amis de Martiel car nous étions attendus à Merlet ( commune de Colombies), grange de Loc Dieu la plus à l’Est sur le Ségala.

A Merlet, Marie France Bou nous a fait faire le tour du propriétaire  et nous avons pu découvrir les remarquables pierres gravées heureusement sauvegardées. Dans « la vieille cuisine »  un copieux goûter que nous avons tous apprécié nous attendait.

Cette belle journée aura une suite puisque le 1er Juin 2019 nous nous retrouverons à Loc Dieu où Marie Hélène et Camille de Montalivet nous accueilleront pour des communications et la visite de Loc Dieu le matin et notre Assemblée Générale l’après midi.

Merci à toute l’équipe dynamique de Martiel, vous nous avez donné envie de parler de tout ce que vous entreprenez dans la commune et de revenir pour voir ce qu’on a pas eu le temps de découvrir…

 

Pour ceux qui veulent en savoir plus :

  • Numéro 115 de Sauvegarde du Rouergue Consacré à Martiel.
  • Les granges de Loc Dieu voir le texte et la bibliographie sur le site

 

Fin du cycle d’étude de la grange cistercienne de Ruffepeyre

Le groupe d’étude sur la grange cistercienne de Ruffepeyre (dépendant de l’abbaye de Bonnecombe) a bien travaillé et arrive au bout de son cycle de travail qui a été organisé ainsi:

Le 6 août 2018: étude introductive – géologie-toponymie.

Le 19 septembre 2018 : étude archéologique pré-médiévale.

Le 15 décembre 2018: étude documentaire et historique ou étude des sources.(aux archives départementales de l’Aveyron).

Le 11 Janvier 2019: atelier pratique d’étude et de numérisation des chartes.(aux archives départementales de l’Aveyron).

Le 23 mars 2019: étude du bâti. Dont voici le compte rendu:

C’est sous un beau soleil de printemps,  que le groupe de recherche sur Ruffepeyre, élargi à l’occasion à toutes les personnes intéressées par la thématique du jour qui était : L’étude du  bâti, s’est réuni le 23 Mars 2019.

Le matin, Philippe  a présenté la démarche globale et scientifique de l’étude d’un bâti historique avec un exemple d’étude sur la caponnière de Galinières suivi d’un atelier pratique et au soleil !qui avait pour thème le repérage sur les élévations de la tour de Ruffepeyre  des « Unités Stratigraphiques de Construction ».

Après un pique-nique tiré du sac, arrosé du bon vin de Marcillac de Gilbert , ce fut au tour de Scarlett  de présenter son étude sur les peintures murales de la salle d’apparat, ou « chambre du seigneur abbé » située au second étage de la tour.

Enfin, en conclusion,  tous les modules possibles concernant l’étude du Bâti – ont été repris avec des exemples pris à Ruffepeyre – que l’association pourrait couvrir systématiquement lors de nos investigations sur les sites cisterciens du Rouergue.

Un grand merci à Philippe, Scarlett et Alain  pour leurs recherches et leurs découvertes et à tous  pour votre participation à la journée.

En fin de journée un « jeu-concours » a été proposé: Une analyse en dendrochronologie va être envoyée, il s’agit de proposer une date pour la construction de la tour se rapprochant le plus du résultat de l’analyse.

Le dernier atelier du groupe de recherche sera celui de la conservation & restauration du Bâti, date prévue pour début septembre mais qui sera précisée plus tard.

Observation durant les travaux pratiques de l’étude du bâti de Ruffepeyre photo CeR

 

 

 

 

 

Epiphanie à Bonneval le 5 Janvier 2019

Pour la troisième fois, l’année de Cisterciens en Rouergue a été inaugurée avec la Communauté de Bonneval qui nous a accueillis chaleureusement pour fêter l’Epiphanie.

A 14h30 c’est à l’appel des cloches que nous nous sommes rassemblés dans l’abbatiale pour assister à l’office de None   (cinquième office de la journée).

Nous avons repris notre petit cours de Spiritualité Cistercienne où nous l’avions laissé en 2018. Sœur Anne Claire a su mettre à notre portée la Règle de Saint Benoit dont on a pu saisir toute la mesure et la pondération. Les nombreuses questions qui ont suivi ses brillantes explications témoignent du vif intérêt de l’assistance.

Puis nous avons partagé avec la Communauté la traditionnelle galette des rois, moment  de dialogue et de convivialité où nous ressentons tous le plaisir d’être ensemble.

Mais déjà la cloche sonnait les Vêpres: Tel un vol d’hirondelles nos amies nous ont quittés.

Merci  Mère Michèle, sœur Anne Claire et toute la Communauté pour le privilège que vous nous faites en nous accueillant à Bonneval. Ce rendez-vous en début d’année devenu traditionnel nous procure une grande joie qui va nous porter jusqu’à l’année prochaine.

le 5 Janvier 2019 à Bonneval photo CeR

Obazine et ses granges les 6 et 7 octobre 2018

Départ pour le canal des moines 6 octobre 2018 photo CeR

Nous étions 22 participants à ces deux journées de visite à l’abbaye d’Obazine les 6 et 7 Octobre 2018, heureux de nous retrouver sur la place du village,  après  un réveil matinal et une longue route.

C’est sous un soleil radieux que sous la conduite d’une jeune guide de l’office de tourisme, nous sommes partis découvrir le canal des moines, réalisé à la fin du XIIème siècle par les moines cisterciens pour alimenter le monastère en eau courante ; ouvrage d’art et de technique exceptionnel, classé au titre des monuments historiques depuis 1966. Epousant tous les contours du versant rocheux et escarpé du Coyroux, ce canal de 2 km avec une pente à 0,5%, constitue un vrai défi et témoigne de la grande audace des moines pour contourner les obstacles naturels et enjamber les précipices. En suivant le chemin digue qui longe le canal surplombant parfois des à pics de plus de 40 m, après avoir admiré le passage du canal à travers la brèche de Saint Etienne nous sommes arrivés à la prise d’eau sur le Coyroux avant de redescendre tranquillement en suivant le fil de l’eau…

La très confortable halte à l’hôtel de la Tour autour d’un excellent repas nous a permis de retrouver des forces pour l’après midi.

L’église abbatiale de la deuxième moitié du XIIème siècle mesurait 80 m et possédait 9 travées. Le bâtiment fragilisé a été amputé de 6 travées au milieu du XVIIIème siècle. Les trois travées qui restent  composent la nef qui a un vaisseau central et deux bas côtés. Le transept est particulièrement imposant ; chacun des deux bras est équipé à l’est de trois chapelles à chevet plat. La croisée du transept est couverte d’une coupole sur pendentifs ces surfaces triangulaires et concaves assurent la transition entre le plan carré de la travée et le plan circulaire de la coupole tout est bâti en pierres de taille. La simplicité, le dépouillement, la taille précise et l’assemblage des pierres donnent une grande sensation d’harmonie.

Mais outre son architecture l’église abrite des chefs d’œuvres :

  • Quatre vitraux cisterciens d’époque en grisaille sont parvenus jusqu’à nous (trois côté nord de la nef aux baies des trois travées subsistantes et un orne la baie occidentale du bras du transept nord).
  • Une armoire liturgique du XIIème considérée comme le plus ancien meuble de France. Elle est en chêne  et sa décoration est d’inspiration architecturale. Les serrures qui bloquent les loquets sont ornées de têtes d’animaux d’une grande finesse.
  • Une Vierge de pitié en calcaire polychrome de la fin du XVème.
  • Le tombeau d’Etienne d’Obazine (mort en 1159, d’abord enseveli dans la salle capitulaire puis déplacé dans son tombeau entre 1250 et 1260) combine un gisant et une structure architecturale du type chasse reliquaire ornée  de scènes sculptées représentant la Vierge et l’enfants Jésus, les abbés des abbayes filles d’Obazine , les moines, les convers, les moniales, les paysans. Les deux pignons portent des motifs végétaux d’une grande finesse. C’est sans doute l’œuvre d’un atelier de la région parisienne ayant travaillé pour une commande officielle de l’Ordre cistercien ; Saint Louis ne fut probablement pas étranger à cette réalisation.
  • La mise au tombeau du Coyroux est une œuvre du XVème siècle partiellement retrouvée lors de la fouille de l’église du monastère féminin.
  • Les stalles en bois sculptées pour cet édifice au début du XVIIIème siècle sont célèbres pour les têtes très réalistes qui ornent leurs miséricordes.

Nous avons visité les bâtiments réguliers sous la houlette bienveillante et pleine d’humour  de sœur Christophora, la supérieure du monastère grec-melkite catholique de la Théophanie, communauté de tradition byzantine unie à Rome, installée depuis 1965. Le monastère est classé monument historique depuis 2007 et appartient au Patriarcat melkite d’Antioche : (https://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Saeur-Christophora-gardienne-de-l-abbaye-d-Aubazine-en-Correze-2015-01-19-1269634).

Du cloitre simplement charpenté de 43 m de coté et de 3,70 m de large, il ne reste rien de l’architecture des galeries on voit juste par endroit des corbeaux. Le centre du jardin du cloître est occupé par une vasque monolithe vestige du lavabo du cloître alimenté par la même source qu’au XIIème siècle et dont l’eau est délicieusement potable…

Le jardin est dominé par le clocher  qui surmonte la croisée du transept c’est une prouesse architecturale. Pour préserver l’étanchéité de l’édifice des parties ont été recouvertes d’une protection en lauze.

Le bâtiment nord comprenait le chauffoir et un vaste réfectoire des moines il n’en reste que la cuisine implantée entre le lieu de vie des moines et celui des convers. Cette cuisine a subi plusieurs transformations elle est composée de deux travées voûtées d’arêtes la cheminée monumentale est de la fin du XVIIème siècle. A l’arrière de la cuisine le vivier alimenté par le canal des moines est parfaitement conservé. Il alimentait un ensemble de quatre moulins.

La galerie orientale du cloître s’appuyait sur les bâtiments d’habitation des moines dont le rez-de chaussée n’a pas été modifié depuis le XIIème siècle. On y trouve la salle capitulaire, un passage dont la voûte est remarquable, l’escalier reliant le dortoir au cloître  et la salle de travail des moines.

Initialement ce rez-de chaussée était surmonté d’un étage occupé par le dortoir des moines. Au XVIIIème siècle le dortoir a été remplacé par des cellules et un autre étage a été aménagé. Des appartements confortables avec boiseries et cheminées occupent le premier étage. Le couloir est pavé de petits galets qui forment un motif représentant les armes de l’abbaye ; il est orné d’une belle statue de la Vierge d’Obazine datant du XIVème siècle où l’enfant Jésus est représenté chauve.

C’est dans les combles transformés en orphelinat au XIXème siècle qu’Obazine a accueilli pendant 6 ans  Gabrielle  Chanel future Coco Chanel: https://www.lamontagne.fr/aubazine/loisirs/art-litterature/2015/09/18/sur-les-traces-correziennes-de-coco-chanel_11588542.html.

Thomas Poiraud notre Co-président  nous a servi de guide pour la visite de l’abbaye du Coyroux  située à 600 mètres du bourg.  Créée par Etienne  et affiliée grâce à lui en même temps que le monastère d’hommes à l’ordre cistercien en 1147, c’est  la  première abbaye de femme reconnue par l’ordre cistercien.

Au Coyroux le 6 octobre 2018 Photo CeR

Elle a été construite sur une terrasse remblayée  dans le lit du Coyroux la qualité de la construction est moindre à Coyroux qu’à Obazine alors que la construction s’est effectuée au même moment.

Abandonnée depuis 1791 il ne reste plus que les murs ruinés de l’église, mais des fouilles conduites de 1976 à 1989 ont permis de comprendre le plan du monastère ainsi que ses diverses transformations qui ont été rendues indispensables du fait de sa situation dans le lit du Coyroux, donc exposée aux caprices du torrent.

Dans ce petit monastère bien isolé les moniales étaient cloîtrées sous la dépendance stricte du monastère d’homme voisin qui pourvoyait à leurs besoins pour cela une porterie était aménagée à la manière d’un sas.

Après cette première journée riche en découvertes nous nous sommes séparés après un verre de l’amitié.

Dimanche matin était dédié à la découverte des possessions d’Obazine autour de Rocamadour qui étaient très nombreuses et dont le rôle principal était de nourrir les pèlerins. La guerre de Cent ans a complètement dévastée la région et dès 1457 tout ce qui pouvait encore être de quelques valeurs fut donné à cens.

Nous nous sommes retrouvés au moulin fortifié de Cougnaguet (commune de Cales) classé monument historique en 1925, et qui dépendait de la grange des Alix.

Au moulin de Cougnaguet 7 octobre 2018 photo CeR

Situé au bord de l’Ouysse au pied des falaises ce superbe moulin à eau  de quatre meules fonctionne encore grâce à Raymonde et Hubert Faure. C’est au son du Tic Tac du moulin et guidés par Hubert et son accent chantant du Quercy que nous avons fait une visite inoubliable dans le monde des moines meuniers du XIVème siècle.

https://www.youtube.com/watch?v=eGSsyQgJuXQ

La grange des Alix, près de Rocamadour était la tête de toutes les possessions d’Obazine et un village s’est, dès le XIIIème, construit autour. Il reste des parties importantes de ce qui était un prieuré occupé par les moines cisterciens : Un corps de logis, une enceinte avec ses tours et la petite chapelle Saint Etienne qui sert de grange et pour laquelle la fondation du patrimoine lance une souscription. https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/chapelle-des-alix-a-rocamadour

En 1994, l’ensemble de l’ancien prieuré fut inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

 

C’est aux Alix que nous nous sommes séparés, enchantés par ces deux jours passés tous ensemble dans l’ombre des cisterciens chez Etienne d’Obazine que Bernadette Barrière a tant étudié.

 

Bibliographie :

 

Edmond Albe. Titres et documents sur le Limousin et le Quercy. I. Les trois états du Quercy et le vicomte

de Turenne (1477). II. Les possessions de l’abbaye d’Obazine dans le diocèse de Cahors et les familles du Quercy .Extrait du Bulletin de la Société scientifique, historique et archéologique de Corrèze, Brive, Roche,1910.

 

Bernadette Barrière  Limousin Médiéval, le temps des créations, recueil d’articles, Pulim 2006.

 

La Grange de Graule(Cantal) grange fromagère de l’abbaye d’Obazine

Ce qu’il reste de la grange de Graule Photo de Claude Chappe Gauthier dans »granges fromagères d’Auvergne ».

Située à 100 km de l’abbaye d’Obazine la grange de Graule est implantée sur le plateau du limon à 1200 m d’altitude. Les premières donations surviennent vers 1147, dès l’affiliation d’Obazine à l’ordre cistercien mais la création véritable de Graule se fera sous l’abbé Robert en 1174, c’est également sous son abbatiat qu’une grange saline voit le jour à la Maurinière sur l’ile d’Oléron à 250 km de l’abbaye.

Le travail acharné des convers, déboisement, défrichage, drainage, construction a transformé ce lieu inhospitalier en une ferme d’altitude produisant du seigle et des fourrages pour l’hiver et auto suffisante pour nourrir les religieux et les habitants des villages alentours qui étaient une main d’œuvre indispensable.

Le sel depuis l’ile d’Oléron parcourait plus de 350 km pour arriver à Graule, d’abord par voie fluviale sur la Charente jusqu’à Angoulême puis à dos de mulet. Ce sel servait entre autre à la fabrication du fromage ainsi qu’à l’alimentation humaine et animale.

La production de fromage était écoulée vers Salers où l’abbaye avait une maison de ville puis vers les granges autour de Rocamadour dans le but de nourrir les pèlerins effectuant le pèlerinage marial qui était contrôlé par l’abbaye  bénédictine de Tulle.

La crise de recrutement des convers, la guerre de Cent Ans, les méfaits des routiers bouleversèrent irrémédiablement cette belle organisation et sonnèrent le glas du faire valoir direct.  Toutes les terres de Graule furent mises en fermage progressivement. Graule en ruine fut elle-même confiée à un fermier en 1377.

Les abbés d’Obazine continuèrent à recevoir les fermages et les cens en argent et en nature jusqu’à la Révolution.

Il est à noter que Graule possédait un moulin à la Bussinie au milieu de terres drainées, on peut voir encore l’admirable travail de canaux et de murs réalisés par les convers pour assécher ces prairies humides et ainsi cultiver le seigle indispensable pour leur alimentation.

L’abbaye de Valette fille d’Obazine créée en 1143 implantée sur les bords de La Dodogne a été dynamitée avant d’être noyée par le barrage de Chastang en 1950, elle possédait aussi une grange fromagère à Brocq (commune de Menet) qui a été fondée 40 ans après Graule.

 

Bibliographie

Adolphe de Rochemonteix, La maison de Graule, Monographies des villes et villages de France.1887.

Claude Chappe Gauthier Granges fromagères d’Auvergne, édition cheminements, 2007.

Bernadette Barrière, médiéviste spécialiste d’Obazine, Moines en Limousin L’aventure cistercienne , PULIM .

Et tous les articles de Bernadette Barrière sur l’abbaye d’Obazine.

Cisterciens en Rouergue – Les derniers feux (1600-1789)



PROGRAMME

Accueil par les Co-présidents Thomas Poiraud et Catherine Cazelles

Introduction au thème de la journée par Jean Delmas

Bonnecombe :

  • L’Aumône pratiquée à l’Abbaye de Bonnecombe (1600-1792). Catherine Cazelles.
  • La grange de Bernac à la veille de la Révolution à travers les contrats de fermage. Martine Houdet.

Nonenque :

  •  La reconstruction de l’abbaye de Nonenque au XVIIe siècle. Jacques Miquel.
  • La grange de Lioujas à l’époque moderne (1533-1789). Structures et principaux caractères d’un grand domaine ecclésiastique. Bruno Ginisty.

 Bonneval :

  • Procès entre l’abbaye de Bonneval et le curé de Flaujac (1757-1768). Ou du danger de lésiner sur le bois de chauffage. Alain Venturini.
  • Etienne Carrié, abbé de Bonneval (1629-1661). Thomas Poiraud.
  • Le monastère de La Falque. Claude Petit.

Beaulieu :

  • Beaulieu  aux XVIIe XVIIIesiècles. Alain Gilbert              

 Loc –Dieu :

  • Claude Fleury, abbé de Loc Dieu de 1684 à 1706, un abbé au Grand Siècle. Catherine Cazelles

Silvanes :

  • Silvanès au XVIIe-XVIIIe siècles, les bains sources de renouveau. Alain Douzou .

 Visite de la grange de Séveyrac par Jean-Yves, Anne  Rieucau et Thomas Poiraud.

       Compte rendu de la troisième journée d’étude : Les derniers feux (1600-1789)

Les derniers feux se sont éteints, sous un soleil magnifique, dans la grange de Seveyrac (grange de l’abbaye de Bonneval) où Jean Yves et Anne Rieucau savent si bien nous accueillir.

Nous avons quitté nos abbayes cisterciennes du Rouergue et leurs granges dans la tourmente de la Révolution après la  journée d’étude de samedi 8 septembre 2018 consacrée à la période allant de 1600 à 1789.

Après un résumé des précédentes journées (en 2014 l’âge d’or – en 2016 le temps des crises)  une riche introduction a resitué la période dans l’Histoire. Les conférenciers ont su capter l’attention des nombreux participants en traitant de sujets divers s’intéressant aussi bien aux abbayes qu’à leurs granges, décrivant la vie des abbés en charge des abbayes mais aussi les relations que ces dernières ont entretenues  avec les populations alentours et les conflits qui en ont découlées.

Enfin la ferveur spirituelle a été évoquée avec la création de nouvelle maison cistercienne.

Les interventions ont généré de nombreuses questions de la part de l’assistance studieuse.

Nous remercions les personnalités qui nous ont honorés de leur présence  Monseigneur François Fonlupt évêque de Rodez, Madame Simone Anglade conseillère départementale, Monsieur Jean Luc Calmelly maire de Bozouls, président de l’ADT.

La mairie de Bozouls en plus d’une aide par le prêt de matériel nous a offert le verre de l’amitié de la fin de journée.

Merci à tous pour votre présence à nos côtés, votre aide, votre soutien, votre intérêt pour notre travail tout est un formidable encouragement à continuer notre aventure dont le quatrième et dernier épisode aura lieu en 2020. Le sujet en sera La Révolution, la Renaissance post révolutionnaire et l’histoire récente des abbayes et des granges.

Le recueil d’article de la journée est disponible. Nous le publions avec l’aide de Sauvegarde du Rouergue. Il porte le numéro 128 et s’intitule : CISTERCIENS EN ROUERGUE, LES DERNIERS FEUX, 1600-1789. Il peut vous être envoyé il suffit d’envoyer un mail à Cisterciens en Rouergue . (Son prix en est de 12 euros plus le port par poste de 4,80 euros).

 BUREAU DE CISTERCIENS EN ROUERGUE : château d’Is- 12850 Onet le Chateau

cisterciensenrouergue@outlook.com

Dimanche 27 mai 2018 La transhumance vers les plateaux de l’Aubrac

Troupeau de Jean Yves devant la coulée de lave de Roquelaure Cliché Cisterciens en Rouergue

C’est à 5 h ce matin que le troupeau de Jean Yves Rieucau est parti de Seveyrac (ancienne grange de l’abbaye de Bonneval) pour se rendre sur les pâtures de l’Aubrac ou il va séjourner jusqu’autour du 13 Octobre.

Un petit groupe d’adhérents et d’amis de Cisterciens en Rouergue s’est joint au joyeux cortège de courageux marcheurs prêts à affronter les 45 km dont la côte de Salgues, bien connue des habitués est le morceau le plus difficile pour les bêtes comme pour les hommes.

Les belles vaches Aubrac de Jean Yves parées de coiffe de fleur et de branchage sont parties joyeuses d’un pas alerte rythmé par le bruit des cloches et nous avons suivi  selon les possibilités de chacun…

Nous remercions Jean Yves qui maintient cette belle tradition et qui nous offre l’opportunité de partager cette promenade exceptionnelle.