La Grange de Graule(Cantal) grange fromagère de l’abbaye d’Obazine

Ce qu’il reste de la grange de Graule Photo de Claude Chappe Gauthier dans »granges fromagères d’Auvergne ».

Située à 100 km de l’abbaye d’Obazine la grange de Graule est implantée sur le plateau du limon à 1200 m d’altitude. Les premières donations surviennent vers 1147, dès l’affiliation d’Obazine à l’ordre cistercien mais la création véritable de Graule se fera sous l’abbé Robert en 1174, c’est également sous son abbatiat qu’une grange saline voit le jour à la Maurinière sur l’ile d’Oléron à 250 km de l’abbaye.

Le travail acharné des convers, déboisement, défrichage, drainage, construction a transformé ce lieu inhospitalier en une ferme d’altitude produisant du seigle et des fourrages pour l’hiver et auto suffisante pour nourrir les religieux et les habitants des villages alentours qui étaient une main d’œuvre indispensable.

Le sel depuis l’ile d’Oléron parcourait plus de 350 km pour arriver à Graule, d’abord par voie fluviale sur la Charente jusqu’à Angoulême puis à dos de mulet. Ce sel servait entre autre à la fabrication du fromage ainsi qu’à l’alimentation humaine et animale.

La production de fromage était écoulée vers Salers où l’abbaye avait une maison de ville puis vers les granges autour de Rocamadour dans le but de nourrir les pèlerins effectuant le pèlerinage marial qui était contrôlé par l’abbaye  bénédictine de Tulle.

La crise de recrutement des convers, la guerre de Cent Ans, les méfaits des routiers bouleversèrent irrémédiablement cette belle organisation et sonnèrent le glas du faire valoir direct.  Toutes les terres de Graule furent mises en fermage progressivement. Graule en ruine fut elle-même confiée à un fermier en 1377.

Les abbés d’Obazine continuèrent à recevoir les fermages et les cens en argent et en nature jusqu’à la Révolution.

Il est à noter que Graule possédait un moulin à la Bussinie au milieu de terres drainées, on peut voir encore l’admirable travail de canaux et de murs réalisés par les convers pour assécher ces prairies humides et ainsi cultiver le seigle indispensable pour leur alimentation.

L’abbaye de Valette fille d’Obazine créée en 1143 implantée sur les bords de La Dodogne a été dynamitée avant d’être noyée par le barrage de Chastang en 1950, elle possédait aussi une grange fromagère à Brocq (commune de Menet) qui a été fondée 40 ans après Graule.

 

Bibliographie

Adolphe de Rochemonteix, La maison de Graule, Monographies des villes et villages de France.1887.

Claude Chappe Gauthier Granges fromagères d’Auvergne, édition cheminements, 2007.

Bernadette Barrière, médiéviste spécialiste d’Obazine, Moines en Limousin L’aventure cistercienne , PULIM .

Et tous les articles de Bernadette Barrière sur l’abbaye d’Obazine.

Cisterciens en Rouergue – Les derniers feux (1600-1789)



PROGRAMME

Accueil par les Co-présidents Thomas Poiraud et Catherine Cazelles

Introduction au thème de la journée par Jean Delmas

Bonnecombe :

  • L’Aumône pratiquée à l’Abbaye de Bonnecombe (1600-1792). Catherine Cazelles.
  • La grange de Bernac à la veille de la Révolution à travers les contrats de fermage. Martine Houdet.

Nonenque :

  •  La reconstruction de l’abbaye de Nonenque au XVIIe siècle. Jacques Miquel.
  • La grange de Lioujas à l’époque moderne (1533-1789). Structures et principaux caractères d’un grand domaine ecclésiastique. Bruno Ginisty.

 Bonneval :

  • Procès entre l’abbaye de Bonneval et le curé de Flaujac (1757-1768). Ou du danger de lésiner sur le bois de chauffage. Alain Venturini.
  • Etienne Carrié, abbé de Bonneval (1629-1661). Thomas Poiraud.
  • Le monastère de La Falque. Claude Petit.

Beaulieu :

  • Beaulieu  aux XVIIe XVIIIesiècles. Alain Gilbert              

 Loc –Dieu :

  • Claude Fleury, abbé de Loc Dieu de 1684 à 1706, un abbé au Grand Siècle. Catherine Cazelles

Silvanes :

  • Silvanès au XVIIe-XVIIIe siècles, les bains sources de renouveau. Alain Douzou .

 Visite de la grange de Séveyrac par Jean-Yves, Anne  Rieucau et Thomas Poiraud.

       Compte rendu de la troisième journée d’étude : Les derniers feux (1600-1789)

Les derniers feux se sont éteints, sous un soleil magnifique, dans la grange de Seveyrac (grange de l’abbaye de Bonneval) où Jean Yves et Anne Rieucau savent si bien nous accueillir.

Nous avons quitté nos abbayes cisterciennes du Rouergue et leurs granges dans la tourmente de la Révolution après la  journée d’étude de samedi 8 septembre 2018 consacrée à la période allant de 1600 à 1789.

Après un résumé des précédentes journées (en 2014 l’âge d’or – en 2016 le temps des crises)  une riche introduction a resitué la période dans l’Histoire. Les conférenciers ont su capter l’attention des nombreux participants en traitant de sujets divers s’intéressant aussi bien aux abbayes qu’à leurs granges, décrivant la vie des abbés en charge des abbayes mais aussi les relations que ces dernières ont entretenues  avec les populations alentours et les conflits qui en ont découlées.

Enfin la ferveur spirituelle a été évoquée avec la création de nouvelle maison cistercienne.

Les interventions ont généré de nombreuses questions de la part de l’assistance studieuse.

Nous remercions les personnalités qui nous ont honorés de leur présence  Monseigneur François Fonlupt évêque de Rodez, Madame Simone Anglade conseillère départementale, Monsieur Jean Luc Calmelly maire de Bozouls, président de l’ADT.

La mairie de Bozouls en plus d’une aide par le prêt de matériel nous a offert le verre de l’amitié de la fin de journée.

Merci à tous pour votre présence à nos côtés, votre aide, votre soutien, votre intérêt pour notre travail tout est un formidable encouragement à continuer notre aventure dont le quatrième et dernier épisode aura lieu en 2020. Le sujet en sera La Révolution, la Renaissance post révolutionnaire et l’histoire récente des abbayes et des granges.

Le recueil d’article de la journée est disponible. Nous le publions avec l’aide de Sauvegarde du Rouergue. Il porte le numéro 128 et s’intitule : CISTERCIENS EN ROUERGUE, LES DERNIERS FEUX, 1600-1789. Il peut vous être envoyé il suffit d’envoyer un mail à Cisterciens en Rouergue . (Son prix en est de 12 euros plus le port par poste de 4,80 euros).

 BUREAU DE CISTERCIENS EN ROUERGUE : château d’Is- 12850 Onet le Chateau

cisterciensenrouergue@outlook.com