Visite à Valmagne le 30 septembre 2017

 

Abbaye de Valmagne Photo CeR
Lavabo de l’Abbaye de Valmagne Photo CeR

 

 

 

 

 

 

 

 

La commune d’Onet le Château avait aimablement mis à notre disposition deux petits minibus pour cette sortie dans l’Hérault.

Nous sommes partis d’Is à 7 h30 et sommes arrivés à 10 h à Valmagne où un bon groupe arrivé avant nous, nous attendait.

A l’heure de la visite faite par une guide de l’abbaye, 38 « Cisterciens en Rouergue »étaient auprès du grand bassin, qui était le vivier des moines.

L’église abbatiale est précédée d’un narthex, sorte de vestibule où l’on recevait les catéchumènes considérés comme impurs qui ne pénétraient pas à l’intérieur du sanctuaire,

Les chapiteaux et culots ornés sont en contradiction avec la règle cistercienne.

L’église de 83 m de long, 30 m de haut dans le transept construite au XIIIème siècle surprend par la présence des énormes foudres mis en place après la Révolution par son acquéreur  qui transforme l’église en cave de vieillissement du vin ce qui la sauvera de la destruction.

Durement éprouvée durant les guerres de religion les vitraux ont disparu et de nombreuses baies sont murées.

Les croisées d’ogives sont ornées de remarquables clefs de voûte décorées et colorées.

Les piliers en amande donnent une grande élégance au chevet.

La chapelle du chevet est ornée d’une belle vierge du XVIIème mutilée pendant la Révolution. Des petits fragments de vitraux ont été récupérés et figurent dans une composition moderne.

Le cloitre a été  reconstruit en partie au XIVème siècle. L’armarium, la sacristie et la salle capitulaire sont du XIIème. Sans pilier intérieur la salle capitulaire est ornée d’une voute d’arrête surbaissée d’une seule portée. Les  beaux vases du cardinal de Bonzi sont placés sous les élégantes arcades de la salle capitulaire. Certaines colonnettes séparant ces arcades sont en marbre probablement trouvées sur l’emplacement de la villa gallo romaine antérieurement présente sur le site. Les chapiteaux y sont ornés de feuillage.

Le lavabo, face à l’entrée du réfectoire est avec celui de l’abbaye du Thoronet le seul conservé dans son intégrité en France. La clôture octogonale composée de colonnettes jumelées taillées dans un même bloc provient du cloitre primitif. Dans les deux vasques s’écoule une eau très pure. L’endroit charmant inspire à la méditation.

Cisterciens en Rouergue à Valmagne Photo Michel David

La matinée s’est terminée dans le réfectoire des moines restauré à la fin du XIXème où ont eu lieu les interventions de nos conférenciers.

Bernard Lechelon spécialiste des mines de Sylvanes a exposé les relations étroites entre Sylvanes et Valmagne : géographiques, économiques et d’amitié entre les abbés.

Henri Barthes paléographe, spécialiste des textes latins et romans a consacré une dizaine d’année à transcrire le magnifique cartulaire de Valmagne maintenant déposé aux archives départementales de l’Hérault.

Henri Barthes dont le  travail est en cours d’édition par l’université de Toulouse le Mirail a remis à Mme Diane de Gaudart d’Allaines le premier exemplaire de son travail.

Nous avons été accueillis pour le déjeuner à la Ferme Auberge, restaurant vigneron  de l’Abbaye de Valmagne tenue par Laurence et Philippe d’Allaines, où nous avons pu apprécier les produits bio du domaine : légumes et vin.

C’est sous la pluie qu’à 15 h nous avons pris la direction de Laurens  où nous attendait Cédric Guy propriétaire de la cave Silva Plana et des terres de l’ancienne grange cistercienne de Sylvanes : Sauvanes.

Heureusement la pluie ayant cessé nous avons pu aller sur le site, émouvant,  des ruines de Sauvanes , à travers les vignes.

Henri Barthes, qui nous avait gentiment rejoint nous a expliqué la constitution du domaine de Sauvanes .La grange est fondée en 1139 sur une terre offerte par le seigneur Ermengaud de Fouzillon mais Pons de Léras possédait déjà des terres près de Laurens.

C’est autour de Cédric Guy, vigneron passionné, dans sa cave et autour d’une dégustation de ses produits que notre périple languedocien s’est terminé.

 

 

Nous remercions tous les participants à cette journée.

Merci à toute la famille d’Allaines pour leur chaleureux accueil à Valmagne. Et félicitations pour leur travail au chevet de l’abbaye.

Merci à Bernard Lechelon et à Henri Barthes pour leurs passionnantes communications.

 

Le vin et la vigne à Bougaunes, grange viticole de Bonnecombe, le 4 août 2017

 

Georgette et Gilbert Mestre ont accueilli à Bougaunes pour cette belle fin d’après midi d’été 30 amis.

Gilbert nous a fait découvrir ses vignes et l’histoire du vallon et de ses habitants avec la verve, les grandes connaissances et la passion qu’on lui reconnait. La promenade s’est terminée bien sur par la visite des remarquables caves utilisées par les cisterciens.

Les courtes communications ont eu lieu dans la salle à manger des vendangeurs.

Catherine Cazelles, Marie Hélène De Montalivet, Thomas Poiraud, Nicolas Revel  ont évoqué les domaines viticoles des différentes abbayes cisterciennes du Rouergue après avoir rappelé les recommandations de Saint Benoit et de Saint Bernard (qui sont loin d’avoir été suivies à la lettre) en ce qui concerne la consommation de vin.

C’est sur la terrasse que nous avons partagé les provisions que chacun avait apportées. Gilbert a pris soin de bien arroser le repas  du début jusqu’à la fin avec les échaudés au vin fait maison.

Merci Georgette et Gilbert de nous avoir reçu pour cette soirée d’étude et de convivialité.

Nous continuerons sur le thème du vin et de la vigne car notre prochaine rencontre sera à Valmagne le 30 septembre 2017.

Dans le vignoble de Marcillac Photo CeR

 

« La Fondation de l’abbaye cistercienne de Silvanès et les enjeux languedociens, 1° tiers du XII°s. » Alain Douzou

Résumé de la communication faite par Alain Douzou lors de nos journées d’étude de Sylvanes les 29 et 30 avril 2017:

 

La Chronique rédigée vers 1161-1173 par le moine Hugues Francigena plus de quarante ans après la conversion de Pons de Léras le fondateur, petit seigneur du lodévois auteur de rapines et de violences, a surtout pour but d’édifier. L’abbaye officiellement consacrée en 1136 (après une longue période d’érémitisme) dès lors prospère connaît des désertions, la rigueur de la règle est discutée ; l’objectif du rédacteur agissant à la demande de Pons le nouvel abbé, est hagiographique insistant davantage sur les similitudes entre la démarche de Pons et celle de St Bernard son contemporain, que sur le contexte du temps de sa conversion vers 1117.

Pourtant les enjeux politico- religieux voire économiques jouent un rôle majeur !

Le rôle du milieu lodévois où se déroulent la pénitence et la restitution-donation de tous les biens de Pons est essentiel. Cité épiscopale, siège de vicomté, centre d’échanges la ville dépend du Comte de Rodez et partiellement, des pouvoirs temporels concurrents de l’évêque. Pons de Léras dont le château contrôle l’un des accès au Larzac sur lequel il prélève péage est aussi décrit paradoxalement comme « riche, estimé et puissant dans sa ville ». On apprend plus tard l’amitié que lui porte le Comte Richard. Il est en réalité un de ses proches. Dans le bras de fer qui oppose tout au long du XII° siècle les deux pouvoirs et dont l’épiscopat sortira vainqueur, la pénitence publique de Pons accompagnée de mortification et d’humiliation, marques de la sincérité de son repentir, traduit en réalité sa nouvelle allégeance à l’église et au successeur de St Fulcran.

Désormais l’appui de l’épiscopat lodévois accompagnera « l’aventure spirituelle » de Pons même si le choix de l’implantation de la communauté des ermites – au départ de petits nobles et clercs du lodévois, se fait dans le sud Rouergue relevant de l’évêque de Rodez (qui apporte en la personne d’Adhémar un soutien actif) dans une zone dépendant des Trencavel vicomtes d’Albi-Béziers).

La riche famille des Aitbrand très liée à l’épiscopat lodévois (et aux Guilhem de Montpellier) apportera comme d’autres lodévois des moyens financiers lors de l’édification des deux monastères successifs, en même temps que les liens religieux restent étroits, correspondance épistolaire et abbé de St Sauveur de Lodève en déplacement à Silvanès assurant le relais.

Un bienfaiteur « invisible » tient une place essentielle, Guilhem VI de Montpellier (dont l’origine familiale se situe dans la haute vallée de l’Hérault au contact du lodévois). Proche des papes – dont dépend directement l’évêché de Maguelonne, et des cisterciens chez qui il se retire en 1149, combattant actif en Terre Sainte d’où il a ramené des sommes importantes, il s’avèrera pour les religieux de Silvanès un protecteur discret et constant. Outre les 200 marcs d’argent fin qu’il envoie « d’au-delà des mers » on le retrouve discrètement comme témoin dans des actes d’importance ou comme donateur d’un espace à bâtir aux portes de Montpellier en 1161. Le transfert de l’argent retiré des mines exploitées par Silvanès vers les ateliers monétaires de Melgueil (aux mains des Guilhem depuis 1128-30) renforcent cette proximité tout comme les flux d’échanges vers Montpellier où les cisterciens sont exemptés de leude et de péage.

Restent à évoquer l’action discrète des vicomtes Trencavel. Guère présents à l’origine de la fondation cistercienne, ils appuient pourtant celle-ci par le biais des familles locales sous leur dépendance, les seigneurs du Pont de Camarès, de Brusque-St Caprazy, de Prohencoux ou Murasson. Ce sont ces lignages et d’autres qui relèvent du Comte de Rodez (les Caylus, les Cornus, les Luzençon) qui assurent l’essentiel des donations en terres et en droits amenant à la constitution d’un vaste domaine autour du monastère et de huit granges. En 1173 Roger II libère l’abbaye de toute subordination seigneuriale lui conférant un véritable statut de seigneurie.

Silvanès est donc une création essentiellement languedocienne, ce que renforceront les flux commerciaux orientés vers Narbonne et Montpellier, ce que traduira aussi l’architecture de l’abbatiale. Intégrée en 1136 dans l’ordre de Citeaux (sous la tutelle de Mazan, fille de Bonnevaux, petite fille de Citeaux) en dehors de toute présence honorifique la communauté réunie autour de Pons n’en bénéficiait pas moins d’un contexte politico-religieux des plus favorables.

 

Bibliographie :

  • Douzou Alain, Cisterciens et société laïque dans le Camarès au XII° siècle, DES Université Paul-Valéry Montpellier, 1972
  • Bourgeois Ginette, Douzou Alain, Une Aventure spirituelle dans le Rouergue méridional au Moyen-Âge, Ermites et cisterciens à Silvanès (1120-1477) – Cerf, Paris 1999
  • Douzou Alain, Echanges et relations commerciales entre Rouergue et Bas-Languedoc au XII° siècle – Annales du Midi, n° 283 Juillet-Septembre 2013, p. 341-369
  • Douzou Alain, L’organisation d’un domaine cistercien, Silvanès et ses granges au XII° siècle, in Les granges cisterciennes du Rouergue, l’âge d’or, 1123-1347, Sauvegarde du Rouergue n°114, 2014
  •  Vidal Henri, « La « vie » de Saint Fulcran et le triomphe de l’épiscopatus lodévois au XIIème siècle » Annales du Midi, 1965,p.7-20.

 

La transhumance le 28 Mai 2017

La transhumance mai 2017 Photo CeR

Dimanche 28 Mai 2017 les  troupeaux enrubannés, décorés de houx, fleurs de genêt, cloches et sonnailles ont quitté la chaleur de l’étable familière pour après avoir parcouru de 15 à 60 km à la vitesse de 3 à 5 km/h gagner la place d’Aubrac puis l’estive du plateau. Un petit groupe d’adhérents avait rendez-vous à Seveyrac (Bozouls) chez Jean Yves Rieucau pour ce départ de la transhumance.

La journée s’annonçant très belle et très chaude, Jean Yves nous avait prévenu que le troupeau partirai le plus tôt possible en effet c’est à 4 h 30 que le départ a été donné.

La fraicheur du matin était propice a la marche et les bêtes sont allés bon train avec des passages magnifiques qui comme chaque fois enchantent les marcheurs photographes.

A 9 h 30 les bêtes ont pu boire dans les abreuvoirs sur la place de Saint Côme avant d’attaquer la côte de Salgues redoutée par tous.

Tout le long du chemin des haltes conviviales nous attendaient afin de reprendre des forces.

L’arrivée à Salgues vers 11 h 30 permet au troupeau là aussi de boire car le chemin est encore long jusqu’aux pacages.

Notre petit groupe a pour sa part arrêté là sa balade autour d’un pique nique sous le soleil, après une marche de 26 km  (de Seveyrac à Aubrac il y a 48 km).

Nous remercions Jean Yves et Anne Rieucau qui maintiennent cette tradition et nous permettent  d’y participer de l’intérieur.

 

« A Naucelle on raconte  » des histoires sur Bonnefon compte rendu des communications du 15 Mai 2017

                                                                       

21 Mars 1322 des fêtards à la porte, leur chahut dégénère la justice enquête. Jean Delmas 

 

Cette conférence illustrait parfaitement celle sur « L’exercice de la justice dans un domaine cistercien, exemple de la grange de Bonnefon (XIIe -1510)» que Monsieur Delmas avait faite lors de la deuxième journée d’étude de Cisterciens en Rouergue et dont un résumé est dans la Revue 120 de Sauvegarde du Rouergue.

Le fait divers se déroule à Bonnefon le soir du 21 mars 1322.

Le sénéchal de Rouergue a instauré en 1300 un baillage, une juridiction royale,  dans sa bastide de Sauveterre de Rouergue. L’administration royale n’a désormais plus besoin du paréage, une justice commune, comprenant la haute et la basse justice, qu’elle avait précédemment imposée à l’abbaye. En 1317, le roi cède sa part du paréage à Arnal de Landorre.

Ce 21 mars, des fêtards jettent le trouble dans la grange de Bonnefon, le sang coule. C’est un délit qui relève de la haute justice. Qui a compétence dans ce cas : le roi, dont les officiers se sont saisis de l’affaire ? La justice commune du paréage de Bonnefon-Naucelle ? Outre le problème de droit, il faut savoir que la rixe a peut-être eu lieu à la porte de l’enclos de la grange, « infra portam », que par conséquent la justice pourrait être rendue sur place, selon l’usage, et qu’elle y serait plus rapide et surtout plus indulgente pour les justiciables. Quinze personnes de la grange sont « mises en examen » par la justice du bailliage. Arnal de Ladorre et l’abbé de Bonnecombe contestent.

Les témoins de Naucelle défilent, plutôt favorables au paréage. Ils évoquent la moralité des fêtards, habitués des rixes ou des larcins, et celle des gens de la grange, parmi lesquels deux frères convers venus de Candeil, en Albigeois.

Le rouleau de parchemin qui relate cette histoire n’est malheureusement pas complet, mais il nous livre le récit très vivant d’un instant de vie dans une grange monastique et un problème de conflit de juridictions au Moyen Âge.

 

 

Bonnefon, archéologie du bâti. Alain Gilbert

 

En 1369 pendant la guerre de cent ans Bonnefon est détruite par le feu.

L’abbé de Bonnecombe demande que soit reconstruit la tour et le logis en 1427.

Fait exceptionnel en Rouergue elle est construite en briques de taille à peu près régulière d’épaisseur : 7 à 9 cm moyenne 8 cm, longueur 35 à 42 cm moyenne 39 cm, largeur 22 à 26 cm moyenne 24 cm.

Alain Gilbert pense qu’il a fallu  entre 95 000 et 115 000 briques pour réaliser le corps de logis (la tour faite en pierre est postérieure car sa construction englobe l’angle du logis).

Plusieurs ateliers auraient été sollicités pour pouvoir fournir cette grande quantité de briques.

La communication a été illustrée par de nombreuses photographies.

 

La discussion qui a suivi a porté sur la provenance des briques.

Pour Martine Houdet qui nous fait profiter de son expérience acquise par l’étude des briquèteries du Tarn : les briquèteries étaient sur place en effet les cas de transport de briques sont rares et sur de petites distances. D’autre part le fait de ne pas trouver de four ne veut rien dire, en effet dans le Tarn pour un château construit en briques on n’a jamais retrouvé les fours alors que grâce aux archives on sait qu’ils étaient proches.

Léo Savy, nous fait bénéficier de son expérience de potier ; Pour lui il y avait assez d’argile sur place. D’autre part Gilbert Imbert dans ses travaux sur Naucelle mentionne qu’il y avait des charrois de bois pour cuire la terre.

 

Architecture de la grange de Bonnefon,  une énigme archéologique. Jacques Miquel

 

Avant sa destruction en 1962 la bâtisse de la grange de Bonnefon s’apparentait aux tours grangières de Masse, Seveyrac ou La Vayssière avec des dimensions parmi les plus grandes : 17 m sur 12,5 m.

Nous avons la chance de posséder deux cartes postales de 1910 qui nous apprennent beaucoup et en particulier qu’il y avait une fissure importante sur le logis vraisemblablement provoquée par un problème d’instabilité du terrain ( fond d’argile) et par le poids des briques ( une brique pèse 10 kg il y en avait 100 000).

Un compte rendu de visite de 1781(que Jacques Miquel a trouvé dans les archives de Gilbert Imbert) réalisée afin de rechercher une prison dans la grange nous éclaire sur l’organisation du logis .Les modifications successives des fonctions des pièces conduisent parfois à des énigmes. Quel était l’usage des différents niveaux de la tour dont l’accès était difficile ?

Bonnefon, grange cistercienne, a été construite entre le XIVème et le XVIème siècle en brique avec les mêmes joints gras que ceux que l’on retrouve à Albi au palais de la Berbie ou à la cathédrale Sainte Cécile.

 

 

 

Une revue du Carto club ruthénois sur Naucelle va paraître prochainement Jacques Miquel y a largement participé on pourra y voir les  cartes postales de Bonnefon avant sa destruction.

 

 

Week -end d’étude à Sylvanes les 29 et 30 Avril 2017

visite du cloître Photo CeR

 

Cisterciens en Rouergue a organisé deux journées d’étude les 29 et 30 avril 2017 à l’abbaye de Sylvanes auxquelles 35 adhérents ont participé.

Nous remercions Michel Wolkowitsky pour son accueil, la visite de l’abbaye, sa présentation sur la renaissance de Sylvanes et les travaux effectués depuis 40 ans ainsi que pour la démonstration de chant choral qui donne envie de revenir écouter les concerts estivaux.

La salle capitulaire était l’endroit idéal pour abriter les communications :

Nicolas Revel est revenu sur quelques points d’architecture, notamment la marque très cistercienne de Sylvanes de part son plan modulaire qui s’inscrit bien dans le schéma de Villard de Honnecourt et a précisé le lieu d’implantation du premier monastère

Alain Venturini, en tant que directeur des archives, s’il déplore la taille du fond de Sylvanes (1 m)  par rapport à celui des autres abbayes cisterciennes ( Pour Bonnecombe 23 m) souligne la grande chance d’avoir au sein des Archives départementales le cartulaire de Sylvanes qui retranscrit les chartes entre 1132 et 1169.

Repas dans le scriptorium Photo CeR

Alain Douzou nous a emmené dans l’univers de Pons de Léras au XIIème ou l’évêque de Lodève, le comte de Rodez, les seigneurs se livraient des guerres d’influence ou s’alliaient selon leur intérêt.

Le scriptorium nous a accueillis pour le repas puis Guillaume Bessière après une présentation de son travail de master 2 a pris la tête du groupe pour nous guider, sous le soleil, dans le temporel de Sylvanes.

Après une halte aux bains de Sylvanes , nous étions attendus à Grauzou ( ou Grange Haute) par Roger Bernat , le frère d’Yvon Bernat qui en est le propriétaire.

Au centre de ce site remarquable nous avons pu visiter la grande bergerie dont l’architecture exceptionnelle pose des questions de datation que nous n’avons pas résolues malgré les divers avis des participants.

En contre bas de Grange Haute (sur la propriété du mas

Le groupe à Grange Haute Photo CeR

d’Andrieu) le Grauzou est aménagé pour permettre l’irrigation et un aqueduc passe sur le ruisseau pour conduire l’eau à la Grange. Un aménagement probablement cistercien entretenu jusqu’au XIXème siècle qui mériterait une étude plus approfondie.

Guillaume nous a ensuite conduit à un point de vue d’où nous avons pu embrasser du regard le panorama des possessions du noyau central de l’abbaye.

La première journée s’est terminée par un superbe concert d’orgue dans l’abbatiale offert à l’association par Marie Christine Steinmetz et Thierry Adhumau, tous deux organistes de renom à Paris.

 

Dimanche 30 avril 2017 était consacré à la découverte du patrimoine minier autour de Sylvanes. Le temps n’était malheureusement plus au beau mais Bernard Lechelon par son enthousiasme communicatif et par ses grandes connaissances nous a vite fait oublier les intempéries.

Elisabeth et Bernard Lechelon ont accueilli le groupe autour d’un délicieux et copieux petit déjeuner qu’ils nous ont offert chez eux, puis Bernard nous a fait part de ses travaux et de ses dernières recherches en voie de publication.

Il est très difficile de faire la synthèse des visites des mines faites en compagnie de Bernard tellement ses explications sont riches et passionnantes.

Le site de Bouco-Payrol est exceptionnel quasiment unique en Europe. Son exploitation s’étale entre 3000 ans avant JC jusqu’à la première moitié du XIIIème siècle et puis plus rien jusqu’au XIXème. C’est une mine de cuivre argentifère où il a été retrouvé un grand nombre d’outils en pierre.

Visite sur le site de Bouco-Payrol avec Bernard Lechelon Photo CeR

Deux énormes bouches: «  la petite entrée »et « la grande entrée » permettaient d’atteindre le secteur le plus riche en minerai. Les galeries semblent s’étaler sur 4 km de long et jusqu’à une profondeur de 110 m. Selon la disponibilité en bois l’exploitation se faisait soit par le pic soit par le feu qui faisait éclater la roche. L’endroit est grandiose, étrange, impressionnant; nous étions très bien encadrés et surveillés par une équipe veillant à ce qu’on ne s’écarte pas des chemins.

Après le repas pris au restaurant de Sylvanes, Bernard nous a fait découvrir la mine de Cénomes par groupe de 8.

Il est important de noter le classement de la mine de cuivre argentifère romaine et médiévale de Cénomes au titre des Monuments Historiques ce qui témoigne de son intérêt patrimonial.

Tandis que le premier groupe était dans la mine les autres selon le temps dont ils disposaient ont visité l’église russe ou se sont rendus vers le lieu d’implantation primitif de l’abbaye et la fontaine d’eau douce du mas Théron.

Pour la mine de Cénomes la visite part des installations les plus récentes qui datent de 1841. La famille Nouguier mène la production fromagère de sa cave bâtarde commercialisée sous la marque C Nouguier jusqu’en 1908.

Puis nous avons emprunté les 120 m de travers-banc que les Cisterciens de Sylvanes ont fait creuser pour exploiter plus facilement les mines antiques dont l’accès ne se faisait jusqu’alors que par des puits.

Au bout de quelques minutes de marche on arrive aux sites d’extraction proprement dit et les boyaux et les galeries creusées dès le premier siècle avant JC portent encore la trace de cuivre gris.

Dans les années 70 avant notre ère c’est là que Rome va trouver les métaux précieux nécessaires pour financer son effort de guerre en Espagne d’où ils ne proviennent plus. Armés de pics et de pointerolles les hommes se mettent à extraire l’argent et le cuivre qui se trouvent piégés dans des amas et non des filons. Des entrepreneurs italiens venus sur place s’occupent du négoce pour Rome.

L’exploitation prendra fin dans les années 30 de notre ère face à la montée en puissance de la production d’argent située dans d’autres parties de l’empire romain, jusqu’à la réouverture de la mine par les cisterciens.

 

 

Café débat à Villefranche de Rouergue à l’invitation de l’Université des savoirs partagés le 17 Janvier 2017

 

 

Cliché propriété de Cisterciens en Rouergue janvier 2017

A l’invitation de Mr et Mme Lauriac nous avons été convié à animer un café débat organisé par l’Université des savoirs partagés à Villefranche le mardi 17 janvier 2017.

70 personnes ont assisté à cette agréable soirée à laquelle s’était joint un petit groupe de fidèles de Cisterciens en Rouergue. Le thème retenu était : Les abbayes cisterciennes du Rouergue et leurs domaines.

Nicolas Revel a d’abord raconté l’histoire de la fondation de l’ordre cistercien en présentant : Saint Benoit, Robert de Molesmes, Etienne Harding, Saint Bernard…et en rappelant les nombreux ordres monastiques présents au XIIème siècle dont certains se sont ralliés à l’ordre cistercien grâce au charisme de Saint Bernard.

Puis les six abbayes du Rouergue et leurs granges ont été présentées en mettant l’accent sur le fonctionnement de l’abbaye cistercienne : Le plan, l’architecture, la grange, le travail dans les granges, le statut des convers tous ces sujets ont suscité un vif intérêt et de nombreuses questions de la part de l’auditoire.

Catherine Cazelles a donné ensuite un éclairage sur quatre granges  de Loc Dieu citées en 1183 : Colombies ou Merlet, Marinesque, l’Albenque et Fontaynous.

Il est par contre difficile de retrouver traces d’au moins trois granges de Beaulieu citées à la même époque.

Nous tenons à remercier les organisateurs villefranchois pour cette très sympathique soirée où le froid n’a pas découragé les nombreux participants.

Merci à Geneviève Moles, qui est notre responsable en ce qui concerne les abbayes de Loc Dieu et Beaulieu pour son aide et également à Alain Gilbert, Janine Monteillet et à tous nos compagnons cisterciens…..

L’épiphanie à Bonneval le 7 Janvier 2017

 

clef de voûte du choeur de l’église abbatiale de Bonneval aux armes de l’abbé Jean Géraud (1407-1432) Cliché CeR
Les toits de l’Abbaye de Bonneval Cliché CeR

 

 

 

 

 

 

 

 

2017 a bien commencé pour Cisterciens en Rouergue avec la belle après midi du samedi 7 janvier où notre groupe de 18 personnes a été accueilli par la communauté à Bonneval.

Nous avons eu la joie de participer en arrivant à l’office de None.

Puis sœur Anne Claire a su passionner l’auditoire en sachant expliquer avec des mots simples et justes les premiers temps de l’ordre cistercien en remettant toujours les faits dans leur contexte historique.

Le temps imparti était hélas trop court pour détailler la règle de Saint Benoit et cet échange nous a donné envie de revenir à Bonneval pour en savoir plus.

Après être montés à la tour d’où la vue sur les toits de Bonneval est superbe, l’après midi s’est terminée par un goûter préparé par la communauté, autour de la galette des rois .

Tous nos remerciements à toute la communauté de Bonneval qui a su nous accueillir avec simplicité et bienveillance, à la Mère Abbesse que nous avons eu le plaisir de rencontrer et à sœur Anne Claire que nous solliciterons à nouveau pour compléter nos connaissances.