Deuxième étape du chemin des granges fortifiées du Causse: de Gillorgues aux Bourines, grange de la Domerie d’Aubrac.

Les Bourines, granges de la Domerie d’Aubrac Photo CeR

Nous nous étions quittés à Gillorgues,  le 11 Mai 2019, sous une pluie battante, après avoir parcouru la première étape de notre chemin des granges fortifiées du Causse qui nous avait conduit de La Vayssière à Gillorgues , après une « halte gastronomique » à Seveyrac. Treize courageux marcheurs se sont retrouvés le 19 octobre 2019 au matin sur la place du village de Gillorgues devant le presbytère, bien décidés à parcourir la deuxième étape de notre chemin, c’est à dire les 10km prévus pour arriver vers midi aux Bourines.

Guidée par Jean Marie Malgouyres, président d’honneur du comité départemental FFR de l’Aveyron, qui nous a aidé dans la détermination de l’itinéraire, la balade sur de beaux chemins et sous un ciel clément, a été ponctuée par de nombreuses haltes qui nous ont permis d’admirer le domaine des terrasses de Majorac, et d’avoir un point de vue sur le château de Tholet, la chapelle des pénitents de Gabriac et d’évoquer le village de Banc.

Toute l’équipe est arrivée aux Bourines dans les temps, contente de pouvoir partager le pique nique bien mérité. Des tables ont été dressées dans les porcheries magnifiquement restaurées par l’association des « Bourines en Rouergue ».

Claude Petit, notre spécialiste de l’Aubrac, avait organisé  la suite de la journée avec la visite des Bourines, grange de la Domerie d’Aubrac. Le petit groupe de marcheurs s’est agrandi par l’arrivée d’adhérents curieux de parfaire leurs connaissances acquises durant la belle journée  passée sur l’Aubrac le 29 septembre dernier.

Claude nous a expliqué le fonctionnement de ce grand domaine et les chiffres sont impressionnants : Au XVIIIè siècle le domaine était décrit comme comptant 17 paires de bœufs, 700 hectares plus 300 hectares de montagnes, et possédant un troupeau de brebis proche du millier de bêtes…                        

Christine Presne, co-présidente avec Didier Combret de l’association des « Bourines en Rouergue », nous a rejoints. Elle nous a présenté le travail de l’association et avait apporté en exclusivité pour « Cisterciens en Rouergue » de grands plans du domaine des Bourines sur toile datés de 1815.

Puis Mr et Mme Dauty nous ont fait aimablement visiter le château dans lequel la plupart d’entre nous n’étaient jamais rentrés. C’est vrai que découvrir la tour grenier de l’intérieur est surprenant et au pied de ce monument on se sent petit et écrasé par la puissance des Doms. Une magnifique mise au tombeau en pierre du XIVème siècle initialement située dans la chapelle, se trouve maintenant à l’église de Cayssiols, nous essaierons d’aller la voir…

Nous avons terminé la journée en mesurant le travail de l’association des « Bourines en Rouergue », qui est l’artisan de la mise en valeur des abreuvoirs, de la charreterie et de l’aire de battage.

Nous avons tous été rapatrié à Gillorgues, où fourbus mais contents, nous nous sommes quittés après avoir partagé de bonnes bières fraîches, amenées, fort judicieusement par nos fidèles amis du sud Aveyron : Michel et Anne Lise Augais.

Merci à Claude Petit pour l’organisation de cette journée très réussie où le beau temps ne nous a pas quittés, déjouant toutes les prévisions pessimistes.

Merci à Jean Marie Malgouyres, à Christine Presne, à Mr et Mme Dauty et à tous pour votre participation et pour l’ambiance toujours amicale. Rendez-vous pour la troisième étape du chemin des granges fortifiées du Causse qui nous conduira des Bourines , chez nos voisins d’Aubrac, à chez nous les cisterciens  à  Galinières….L’année prochaine.

Devant l’aire de battage de la charreterie aux Bourines Photo CeR

A la découverte de la Domerie d’Aubrac et de ses granges le 28 Septembre 2019

Cisterciens en Rouergue devant la Domerie d’Aubrac le 28 septembre 2019 . Photo CeR

Nous étions une quarantaine de participants, samedi dernier, sur la place d’Aubrac, lieu du rendez-vous, un peu surpris par le brouillard et la température bien fraiche qui contrastait avec celle de nos «vallées». Mais le soleil est arrivé rapidement et nous a réchauffé ensuite jusqu’au soir.

 Claude Petit, organisateur de cette journée, nous recevait sur ses terres et il nous a guidé et fait partager ses connaissances avec passion jusqu’au soir.

Bien sûr, nous connaissions tous la Domerie d’Aubrac, fondée en 1120,  mais Claude a su nous en faire comprendre l’organisation et les particularités par rapport à l’ordre cistercien. La visite s’est poursuivie dans l’église de la fin du XIIème dont la voûte est d’origine puis par les bâtiments restants de  l’hôpital, actuellement propriété privée, enfin par la tour des Anglais construite durant la Guerre de Cent Ans en 1353. Nathalie Blondel Baur, du jardin botanique de l’Aubrac,  nous a conduit en haut du clocher, élevé en 1454,  pour admirer la cloche des perdus, refondue en 1772, et sa belle inscription latine.

Nous avons rejoint à pied le buron de Régambal bas, propriété de Jean Yves et d’Anne Rieucau, en suivant une large draye et en traversant les prés sans y rencontrer de vaches, car la sécheresse avait contraint Jean Yves à avancer la date de descente des troupeaux qui est normalement le 13 octobre, fête de la saint Gérault. Nous étions un public attentif, à l’endroit idéal pour écouter Claude et Jean Yves évoquer la transhumance, l’histoire et l’architecture des burons, la vie dans les burons ainsi que les transformations survenues au cours du temps.

Didier Combret et Christine Presne, nos amis des Bourines nous ont présenté à la fin du repas une belle collection d’objets  traditionnels : outils de travail ou cadeaux  offerts à l’occasion des mariages.

L’après midi a débuté par la visite de la grange de Bonnefon, qui était après le domaine des Bourines le plus important domaine de l’hôpital d’Aubrac. La tour à l’origine crénelée, édifiée au XVème, protégeait  la «  Grande grange ». En 2009, le propriétaire actuel sous les conseils de Mr Causse, architecte des bâtiments de France, a redonné au sommet de la tour un aspect proche de l’état d’origine en y faisant installer des hourds en bois. Philippe Blondin, architecte pronaos, nous a expliqué le projet et les travaux auxquels il a participé.

Dans la « Grande grange », magnifique bâtiment à deux niveaux voûtés (voûte d’arêtes au rez de chaussée et en voûte brisée au premier étage), un bon feu de cheminée et un café nous attendaient. Mr et Mme Cayrel ont très bien aménagé ce bâtiment et nous les remercions pour leur accueil.

Puis nous avons pris la direction de Prades d’Aubrac où nous a rejoint Mr le maire Roger Auguy, afin de visiter la remarquable église, donnée en 1179 à l’hopital d’Aubrac. L’un des doms, Antoine André procéda à sa reconstruction autour de 1540, déçu par l’accueil réservé à son œuvre il fit placer une inscription en latin sous le porche : « il est bien difficile de faire quelque chose qui soit au goût de tout le monde »…. C’est l’une des rares églises de l’Aveyron qui possède des clefs de voûte pendantes.

En contre bas du village dans un endroit bien abrité, se cache la grange de La Salle, lieu de résidence des doms d’Aubrac au XVème siècle et lieu de naissance de François d’Estaing, évêque de Rodez (1462-1529).

C’est dans cet endroit charmant où les bâtiments sont malheureusement en partie à l’abandon, que nous nous sommes quittés après avoir partagé le verre de l’amitié.

Un grand merci à Claude qui avait organisé cette journée  de main de maître.

Merci à tous les intervenants, Nathalie, jean Yves, Didier, Jacques et Philippe.

Pour avoir plus de détails. Bibliographie non exaustive.

Petit Claude, «  Bonnefon, grange d’Aubrac », Patrimoni ,  numéro 39  juillet- août 2012, p. 3 à 7.  Numéro 40, septembre-octobre 2012, p.10 à13.

Saint-Chély d’Aubrac, Sauvegarde du Rouergue numéro 109-110-111.